javert: chibi artwork of lysandre & professor sycamore from pokémon xy standing next to each other. sycamore is smiling and waving at the viewer (pkmn prfr chibi)
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Titre: Pour qu'un ciel flamboie
Fandom: Pokémon X&Y
Pairing: Professeur Augustine Platane/Lysandre
Rating: T
Résumé: Prendre un verre sur la terrasse du Café Toutou était l'idée du Professeur Platane, évidemment. « Pour changer ! » avait-il dit, avec un de ses sourires auxquels Lysandre ne pouvait rien refuser.
Notes: Écrit pour le challenge hebdomadaire smut de [community profile] lepetitsalondecriture. Le thème était Laisse et Collier (et on a eu Pet Play la semaine suivante, donc...) Ah oui et le titre vient de Ne me quitte pas de Jacques Brel parce que l'ombre de ton chien etc vous-même vous savez.
Lien AO3: Ici.



Prendre un verre sur la terrasse du Café Toutou était l'idée du Professeur Platane, évidemment. « Pour changer ! » avait-il dit, avec un de ses sourires auxquels Lysandre ne pouvait rien refuser.

Lysandre n'avait rien de particulier contre l'endroit. Il y avait peut-être un peu d'orgueil mal placé de devoir s'abaisser à fréquenter la concurrence, mais il était suffisamment bon prince pour passer outre. Si qui que ce soit trouvait sa présence étrange, on s'abstint de le lui faire savoir. Au contraire, la serveuse qui s'était empressée de prendre leur commande n'avait cessé de leur jeter des coups d'œil intrigués bien après les avoir servis.

Le défilé de couafarels, tous affublés de coiffures plus extravagantes les unes que les autres, contribuait clairement à la bonne humeur du professeur. Il s'extasiait devant chaque nouveau spécimen comme si c'était la première fois qu'il croisait ce genre de pokémon. Quand l'une d'eux les avait gratifiés d'un tour dans lequel elle se levait sur ses pattes arrière pour mieux mettre en valeur sa coupe imitant un chapeau, Augustine avait même répondu par des applaudissements.

— Regarde celui-là ! s'exclama-t-il en pointant du doigt un grand couafarel avec une coupe très simple, mais arborant le collier le plus ostentatoire possible.

La lumière du soleil post-méridien se reflétait sur le cuir lustré décoré de joyaux assortis au pelage teint en bleu du pokémon canin. Il marchait la tête bien haute, au même pas que son dresseur qui portait une tenue parfaitement complémentaire. Le professeur étouffa un petit rire dans la paume de sa main. Il avait l'air si ravi que Lysandre décida de lui épargner toute remarque sur l'impolitesse de poser son coude sur la table.

Lysandre venait de détourner les yeux pour retourner à son observation des passants et de leurs compagnons quand le professeur reprit la parole, sa voix légèrement plus basse.

— Je me disais...

Il s'arrêta pour passer sa langue sur sa lèvre supérieure. Lysandre entendit son cœur battre plus fort dans ses oreilles, emballé par l'anticipation de ce que le professeur s'apprêtait à dire.

— Toi qui portes tout le temps ces jabots et autres cravates, reprit-il avec un léger sourire. C'est un peu comme ces colliers, d'une certaine manière.

— Je ne suis pas certain d'être en mesure de suivre votre raisonnement, Professeur, rétorqua Lysandre sans révéler son trouble.

Le sourire du professeur s'élargit imperceptiblement.

— Ce que j'essaie de dire, c'est qu'un collier de ce style t'irait sûrement très bien.

L'image mentale qui s'imposa à Lysandre – lui, agenouillé, presque prostré, le visage tourné vers le sol, vêtu seulement d'un de ces apparats qu'ils venaient de voir au cou des couafarels, au pied du professeur agrippant fermement l'extrémité de sa laisse assortie – manqua de peu de lui faire perdre la face. Fort heureusement, il était passé maître dans l'art de dissimuler ses émotions dès lors qu'il n'était pas à l'abri des regards indiscrets.

Lysandre pressa son poing contre ses lèvres et se racla la gorge. Le professeur se détourna enfin pour s'affairer à finir sa tasse de café noir.

— Si cela peut vous divertir, murmura Lysandre, à défaut de trouver une répartie plus éclairée.

À en juger par l'expression d'intense satisfaction sur le visage du professeur, nul doute qu'il était en effet fort bien diverti. Il restait à voir si la théorie suffirait à le satisfaire.

 

La réponse à cette question arriva bien plus tôt que prévu. Lysandre venait à peine d'arriver chez Augustine, quelques semaines après leur conversation, que le professeur lui remettait un paquet qu'il avait dû emballer lui-même, à en juger par le résultat plus qu'approximatif.

— Si j'avais su que vous... que tu prévoyais de m'offrir quelque chose, j'aurais amené un cadeau, moi aussi.

— Ne t'en fais pas pour ça, répliqua Augustine avec un sourire affreusement familier. C'est un cadeau pour nous deux, en fait.

Lysandre fronça les sourcils, mais jugea préférable de ne pas insister. Il entreprit à la place de déchirer le papier pour révéler ce qu'il cachait : une boîte carrée, sans marque ni indication, qu'Augustine s'empressa d'ouvrir, visiblement trop impatient pour maintenir le suspense plus longtemps.

À l'intérieur de la boîte, un collier d'un bleu royal étonnamment intense reflétait la lumière du plafonnier. Les boucles en métal argenté complimentaient élégamment la couleur dominante, et le cuir était lustré juste assez pour briller sans tomber dans l'excès qui mène au mauvais goût.

Le pendentif accroché à la boucle principale s'avéra être le détail qui finit d'attiser le feu qui venait de naître dans la poitrine de Lysandre. Il était pourtant d'une simplicité déconcertante comparé à tout le reste : juste la lettre A, forgée du même métal scintillant que le reste.

« Juste » n'était sans doute pas approprié. Il y avait tant de choses à dire sur la lettre A. La première lettre de l'alphabet, le commencement, l'alpha et l'oméga. Sa forme en miroir, comme une bouche ouverte scindée en deux. A comme Avenir, A comme Avènement, A comme Agonie.

A comme Augustine.

— Tu es bien silencieux, dit l'intéressé alors que Lysandre ne parvenait plus à détacher son regard de cette lettre aux reflets d'argent. Ça te plaît, au moins, j'espère ?

Les mots semblaient trop superflus pour être prononcés, voire pensés. Lysandre inclina la tête et le reste de son corps suivit le mouvement. Ses genoux fléchirent comme s'il avait été frappé par un mal quelconque, et il se retrouva agenouillé, le paquet toujours entre ses deux mains.

La peau nue de son cou découvert – il comprenait maintenant pourquoi le professeur avait insisté sur ce point – était aussi brûlante que si elle venait d'être plongée dans un feu incandescent.

— Je vois, murmura Augustine.

Il y avait dans ce cadeau beaucoup plus qu'une simple plaisanterie à son égard. C'était une offrande, une main tendue vers un pardon auquel Lysandre n'arrivait plus vraiment à croire, un accord passé entre deux hommes debout face au gouffre qu'ils avaient laissé se creuser entre eux. La réticence du professeur à se rendre au Café Lysandre – ou ce qu'il en restait – n'était pas simplement née d'une envie de changer la routine.

Les murs rouge et noir portaient encore les traces invisibles d'un méfait bien plus grand encore que le crime pour lequel Lysandre purgeait déjà une bien faible peine.

Il ne broncha pas quand Augustine lui retira la boîte des mains. Ses yeux restèrent fixés vers le sol, incapable de bouger, de ne serait-ce que tenter d'affronter son regard. À peine frémit-il au contact du cuir contre son cou. Ses paupières papillonnaient au rythme des battements dans son cœur, tous ses sens concentrés sur les gestes lents et tendres d'Augustine, quand bien même il ne pouvait pas les voir.

Le collier épousait la forme de sa gorge comme s'il avait été conçu pour lui seul, ce qui était probablement le cas. La pression qu'il lui procurait était différente de celles des jabots qu'il portait habituellement : plus intense, plus ferme. Là où un jabot était comme deux mains posées nonchalamment à la jointure entre le cou et les épaules, une sensation réconfortante qui contribuait à sa concentration sans le distraire, le collier comprimait juste assez pour occuper tout l'esprit. L'univers mental de Lysandre, à cet instant précis, se résumait à ceci : comme une paume chaude et lourde appuyant contre sa trachée, promesse de tourments qu'il désirait malgré lui et qu'Augustine était plus que disposé à lui offrir.

— Ça te va à merveille, murmura Augustine, sa voix soudain bien trop proche, son souffle tiède dans le creux de l'oreille de Lysandre. Encore mieux que ce que j'imaginais. Ça me donnerait presque envie de te promener en laisse devant tout Illumis.

Lysandre émit un son, sortant du fond de sa gorge, qui n'avait rien d'humain. Le bruit, tel un grognement primaire, fit grimper un feu honteux jusqu'à ses joues.

— Tu aimerais ça, Lys ? Que je te promène en laisse en pleine après-midi, pour que tout le monde puisse voir ton beau collier ?

Dans d'autres circonstances, le Lysandre sans collier, le Lysandre endimanché, le Lysandre soucieux des apparences, se serait offusqué à l'idée même de s'adonner à des pratiques aussi obscènes. À ce moment précis, cependant, le Lysandre à genoux, le cou serti de ce cuir qu'il pouvait sentir contre sa gorge à chaque respiration, n'avait qu'une seule réponse en tête.

— Oui, Professeur.

Le rire du professeur lui fit l'effet d'un choc électrique. Toute la tension que son corps avait accumulée pendant tous ces mois d'errance fondit d'un seul coup pour le laisser presque amorphe, malléable, à l'entière disposition du professeur. Il se sentait plus léger qu'il ne l'avait été depuis bien longtemps, et ce malgré la pression grandissante autour de son bas-ventre.

Il accorda une pensée brève pour ce Lysandre d'autrefois, celui qui s'était perdu sur le chantier de la gloire, et pour l'horreur et la honte qu'il aurait sans doute ressenties en se voyant dans cet état, réduit à un pokémon apprivoisé en rut.

Puis il s'abandonna entièrement au plaisir d'enfin appartenir à quelqu'un.

— À la réflexion, reprit Augustine, son sourire attendri audible dans ses paroles, je crois que je préfère te garder pour moi. Tu penses que tu peux ramper jusqu'à la chambre ?

Plutôt que de tenter de répondre, Lysandre s'exécuta.
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