[Mouthwashing] Hypnagogie
Sep. 14th, 2025 12:00 pmTitre: Hypnagogie
Fandom: Mouthwashing
Pairing: Anya & Daisuke
Rating: T
Résumé: Si seulement tout cela n'était qu'un rêve...
Notes: Petite fic écrite pour la Nuit de l'écriture de
lepetitsalondecriture, ça faisait longtemps ! Pour le thème Soins mentaux après un viol donc je pense que la thématique est évidente vis-à-vis du fandom mdr.
Lien AO3: Ici.
Elle était restée sous la douche si longtemps que sa peau lui faisait mal. Des heures entières – ou du moins c'était l'impression qu'elle avait – à frotter encore et encore sans parvenir à faire partir les sensations, les odeurs. Même une fois sa tenue de rechange enfilée, elle avait encore l'impression de le sentir, comme s'il avait imprégné son corps tout entier jusque sous l'épiderme, injecté en elle un poison qui resterait toujours à l'arrière de sa gorge.
Impossible d'imaginer dormir dans cet état. Même l'idée de s'allonger sur sa couche lui donnait la nausée. À la place, elle se dirigea vers le salon. Quitte à ressasser, elle préférait le faire devant l'écran géant. Peut-être qu'elle pourrait même réussir à se calmer en comptant les étoiles.
Heureusement, elle ne vit personne une fois passée la porte. La lumière diffuse de l'écran géant plongeait la pièce dans une ambiance onirique qui lui donnait la sensation de ne pas être tout à fait réveillée.
Si seulement tout cela n'était qu'un rêve...
Quelques heures à peine s'étaient écoulées, et pourtant elle peinait déjà à se souvenir des détails. Elle n'avait reçu aucune formation à ce sujet de la part de Pony Express, mais elle savait que tout ce qu'elle avait fait une fois le premier choc passé avait certainement détruit la plupart des preuves physiques. Elle n'avait pas pu se résoudre à conserver quoi que ce soit. La seule raison pour laquelle elle n'avait pas foutu le feu aux fringues qu'elle portait, c'était parce qu'elle n'avait pas assez de vêtements de rechange pour se le permettre. Quant aux draps... elle pouvait dormir sans. Peut-être qu'elle demanderait au capitaine la permission d'en utiliser d'autres.
Ou peut-être pas. La perspective de parler au capitaine de ce qui s'était passé lui nouait le ventre, ce qui ravivait la douleur diffuse entre ses jambes. Ses cuisses la lançaient. Quand elle s'assit enfin sur le canapé et leva les yeux vers l'image projetée sur l'écran, les étoiles étaient floues à travers les larmes accrochées à ses cils.
Il fallait qu'elle tienne le coup. Demain, elle allait devoir sourire comme si de rien était, ravaler sa bile en voyant son visage. Elle n'était plus en sécurité, ne l'avait jamais été. L'important, maintenant, c'était sa survie.
Un bruit derrière elle la fit sursauter si fort qu'elle lâcha un cri, étouffé immédiatement derrière sa manche.
La porte.
Une panique glaçante, viscérale, s'empara d'elle d'un seul coup. Paralysée, elle ne parvint pas à bouger, ni à cligner des yeux. Il l'avait suivie. Il avait attendu pour revenir à la charge. Il allait la – elle n'arrivait pas à prononcer le mot, même dans sa tête – il allait la faire souffrir dans chaque pièce du vaisseau, pour qu'elle comprenne qu'elle n'avait nulle part où s'échapper, nulle part où se réfugier. Personne à qui se confier. Qui pouvait lui venir en aide, coincée au milieu de l'espace ?
Tout était de sa faute. Quelle idiote. C'était elle qui s'était dit que ce serait une bonne idée de monter à bord d'un vaisseau rempli d'hommes. Elle n'avait jamais eu de soucis avant, mais elle aurait dû le voir venir. Elle était montée dans sa voiture sans ceinture de sécurité et maintenant, elle devait vivre avec les circonstances de ses actes pour le restant de ses jours.
— Anya ? fit une voix derrière elle.
Son soulagement, loin d'apaiser son état, la renvoya brutalement dans son corps. Daisuke. C'était Daisuke.
— Tu dors pas ? continua-t-il comme elle ne répondait rien.
Elle ouvrit la bouche pour parler, mais aucun son ne sortit. Elle se racla la gorge.
— Salut, dit-elle finalement.
Sa voix était si rauque. Elle sonnait faux à ses oreilles, mais Daisuke ne parut pas s'en rendre compte. Elle se dépêcha de trouver une explication qui justifierait son état sans trop en révéler.
— Je... J'ai fait un cauchemar.
— Mince, dit Daisuke. À ce point-là ?
Il rit.
— J'ai du mal à imaginer quelque chose qui pourrait t'effrayer autant !
Elle tenta de l'imiter, mais le son qui en résulta s'apparentait plutôt à un sanglot. Elle ne pouvait pas pleurer. C'était risquer qu'il se rende compte de quelque chose. D'une certaine manière, elle ne lui mentait pas vraiment. Elle sortait bel et bien d'un cauchemar.
Daisuke s'approcha du canapé pour lui jeter un coup d'œil. Il souriait, mais Anya sentait bien qu'il s'inquiétait pour elle. C'était un bon gamin. Certainement bien trop bon pour un vaisseau comme le Tulpar, sans parler de son équipage.
Il s'assit à côté d'elle, laissant quelques centimètres entre eux. Elle lui en fut reconnaissante.
— Je connais un truc qui aide quand ton cerveau fait des siennes. Si tu veux tester.
Son visage était tourné vers l'écran géant, illuminé par le ciel étoilé projeté pour les divertir. Son sourire avait un peu diminué, mais il gardait son ton enjoué habituel. Rassurant.
— Pourquoi pas, murmura Anya.
Avec un petit rire triomphant, il sortit quelque chose de la poche de son pantalon qu'Anya reconnut immédiatement. C'était la console de jeu qu'il avait emmené avec lui sur le vaisseau, un modèle rétro comme Anya n'en avait pas vu depuis bien longtemps. Il l'alluma en pressant un bouton et continua de tapoter dessus alors qu'il reprenait la parole.
— C'est un jeu qui date un max, un truc bien à l'ancienne, mais j'avais lu sur Internet que ça pouvait servir après une mauvaise expérience ou quoi.
Il marqua une pause. Sur le minuscule écran, à peine éclairé, Anya pouvait distinguer des blocs de formes diverses et variées qui tombaient du haut vers le bas. Ils lui étaient vaguement familiers.
— Non pas que j'ai déjà vécu des trucs traumatisants ! s'empressa d'ajouter Daisuke. Mais, 'fin... J'ai trouvé ça intéressant. Et si ça peut te servir maintenant, bah, super !
Les blocs continuaient de tomber. De ce qu'elle voyait, le but semblait être de les aligner pour compléter des lignes qui disparaissaient ensuite. Malgré son enthousiasme, Daisuke n'était clairement pas très doué. L'écran se remplit rapidement, avant d'afficher un joyeux « GAME OVER PLEASE TRY AGAIN » qui le fit soupirer.
— Tiens, essaie pour voir.
Anya prit la console avec précaution. Elle n'avait jamais beaucoup joué aux jeux-vidéos, encore moins à ceux qui dataient d'avant sa naissance. Pourtant, le simple fait de tenir cet objet entre ses mains, auquel Daisuke tenait clairement beaucoup, lui apportait déjà un peu de réconfort.
Pour lui, c'était un geste anodin. Pour elle, c'était une main tendue, prête à la tirer vers le haut. Peut-être pas pour l'extirper du gouffre qu'elle sentait encore sous ses pieds – ç'aurait été beaucoup demander – mais au moins pour l'empêcher de sombrer totalement dans ses abîmes.
Elle appuya sur le bouton qui démarrait une nouvelle partie et plaça toute son attention sur les blocs clignotants qu'elle devait arranger de la bonne manière.
Fandom: Mouthwashing
Pairing: Anya & Daisuke
Rating: T
Résumé: Si seulement tout cela n'était qu'un rêve...
Notes: Petite fic écrite pour la Nuit de l'écriture de
Lien AO3: Ici.
Elle était restée sous la douche si longtemps que sa peau lui faisait mal. Des heures entières – ou du moins c'était l'impression qu'elle avait – à frotter encore et encore sans parvenir à faire partir les sensations, les odeurs. Même une fois sa tenue de rechange enfilée, elle avait encore l'impression de le sentir, comme s'il avait imprégné son corps tout entier jusque sous l'épiderme, injecté en elle un poison qui resterait toujours à l'arrière de sa gorge.
Impossible d'imaginer dormir dans cet état. Même l'idée de s'allonger sur sa couche lui donnait la nausée. À la place, elle se dirigea vers le salon. Quitte à ressasser, elle préférait le faire devant l'écran géant. Peut-être qu'elle pourrait même réussir à se calmer en comptant les étoiles.
Heureusement, elle ne vit personne une fois passée la porte. La lumière diffuse de l'écran géant plongeait la pièce dans une ambiance onirique qui lui donnait la sensation de ne pas être tout à fait réveillée.
Si seulement tout cela n'était qu'un rêve...
Quelques heures à peine s'étaient écoulées, et pourtant elle peinait déjà à se souvenir des détails. Elle n'avait reçu aucune formation à ce sujet de la part de Pony Express, mais elle savait que tout ce qu'elle avait fait une fois le premier choc passé avait certainement détruit la plupart des preuves physiques. Elle n'avait pas pu se résoudre à conserver quoi que ce soit. La seule raison pour laquelle elle n'avait pas foutu le feu aux fringues qu'elle portait, c'était parce qu'elle n'avait pas assez de vêtements de rechange pour se le permettre. Quant aux draps... elle pouvait dormir sans. Peut-être qu'elle demanderait au capitaine la permission d'en utiliser d'autres.
Ou peut-être pas. La perspective de parler au capitaine de ce qui s'était passé lui nouait le ventre, ce qui ravivait la douleur diffuse entre ses jambes. Ses cuisses la lançaient. Quand elle s'assit enfin sur le canapé et leva les yeux vers l'image projetée sur l'écran, les étoiles étaient floues à travers les larmes accrochées à ses cils.
Il fallait qu'elle tienne le coup. Demain, elle allait devoir sourire comme si de rien était, ravaler sa bile en voyant son visage. Elle n'était plus en sécurité, ne l'avait jamais été. L'important, maintenant, c'était sa survie.
Un bruit derrière elle la fit sursauter si fort qu'elle lâcha un cri, étouffé immédiatement derrière sa manche.
La porte.
Une panique glaçante, viscérale, s'empara d'elle d'un seul coup. Paralysée, elle ne parvint pas à bouger, ni à cligner des yeux. Il l'avait suivie. Il avait attendu pour revenir à la charge. Il allait la – elle n'arrivait pas à prononcer le mot, même dans sa tête – il allait la faire souffrir dans chaque pièce du vaisseau, pour qu'elle comprenne qu'elle n'avait nulle part où s'échapper, nulle part où se réfugier. Personne à qui se confier. Qui pouvait lui venir en aide, coincée au milieu de l'espace ?
Tout était de sa faute. Quelle idiote. C'était elle qui s'était dit que ce serait une bonne idée de monter à bord d'un vaisseau rempli d'hommes. Elle n'avait jamais eu de soucis avant, mais elle aurait dû le voir venir. Elle était montée dans sa voiture sans ceinture de sécurité et maintenant, elle devait vivre avec les circonstances de ses actes pour le restant de ses jours.
— Anya ? fit une voix derrière elle.
Son soulagement, loin d'apaiser son état, la renvoya brutalement dans son corps. Daisuke. C'était Daisuke.
— Tu dors pas ? continua-t-il comme elle ne répondait rien.
Elle ouvrit la bouche pour parler, mais aucun son ne sortit. Elle se racla la gorge.
— Salut, dit-elle finalement.
Sa voix était si rauque. Elle sonnait faux à ses oreilles, mais Daisuke ne parut pas s'en rendre compte. Elle se dépêcha de trouver une explication qui justifierait son état sans trop en révéler.
— Je... J'ai fait un cauchemar.
— Mince, dit Daisuke. À ce point-là ?
Il rit.
— J'ai du mal à imaginer quelque chose qui pourrait t'effrayer autant !
Elle tenta de l'imiter, mais le son qui en résulta s'apparentait plutôt à un sanglot. Elle ne pouvait pas pleurer. C'était risquer qu'il se rende compte de quelque chose. D'une certaine manière, elle ne lui mentait pas vraiment. Elle sortait bel et bien d'un cauchemar.
Daisuke s'approcha du canapé pour lui jeter un coup d'œil. Il souriait, mais Anya sentait bien qu'il s'inquiétait pour elle. C'était un bon gamin. Certainement bien trop bon pour un vaisseau comme le Tulpar, sans parler de son équipage.
Il s'assit à côté d'elle, laissant quelques centimètres entre eux. Elle lui en fut reconnaissante.
— Je connais un truc qui aide quand ton cerveau fait des siennes. Si tu veux tester.
Son visage était tourné vers l'écran géant, illuminé par le ciel étoilé projeté pour les divertir. Son sourire avait un peu diminué, mais il gardait son ton enjoué habituel. Rassurant.
— Pourquoi pas, murmura Anya.
Avec un petit rire triomphant, il sortit quelque chose de la poche de son pantalon qu'Anya reconnut immédiatement. C'était la console de jeu qu'il avait emmené avec lui sur le vaisseau, un modèle rétro comme Anya n'en avait pas vu depuis bien longtemps. Il l'alluma en pressant un bouton et continua de tapoter dessus alors qu'il reprenait la parole.
— C'est un jeu qui date un max, un truc bien à l'ancienne, mais j'avais lu sur Internet que ça pouvait servir après une mauvaise expérience ou quoi.
Il marqua une pause. Sur le minuscule écran, à peine éclairé, Anya pouvait distinguer des blocs de formes diverses et variées qui tombaient du haut vers le bas. Ils lui étaient vaguement familiers.
— Non pas que j'ai déjà vécu des trucs traumatisants ! s'empressa d'ajouter Daisuke. Mais, 'fin... J'ai trouvé ça intéressant. Et si ça peut te servir maintenant, bah, super !
Les blocs continuaient de tomber. De ce qu'elle voyait, le but semblait être de les aligner pour compléter des lignes qui disparaissaient ensuite. Malgré son enthousiasme, Daisuke n'était clairement pas très doué. L'écran se remplit rapidement, avant d'afficher un joyeux « GAME OVER PLEASE TRY AGAIN » qui le fit soupirer.
— Tiens, essaie pour voir.
Anya prit la console avec précaution. Elle n'avait jamais beaucoup joué aux jeux-vidéos, encore moins à ceux qui dataient d'avant sa naissance. Pourtant, le simple fait de tenir cet objet entre ses mains, auquel Daisuke tenait clairement beaucoup, lui apportait déjà un peu de réconfort.
Pour lui, c'était un geste anodin. Pour elle, c'était une main tendue, prête à la tirer vers le haut. Peut-être pas pour l'extirper du gouffre qu'elle sentait encore sous ses pieds – ç'aurait été beaucoup demander – mais au moins pour l'empêcher de sombrer totalement dans ses abîmes.
Elle appuya sur le bouton qui démarrait une nouvelle partie et plaça toute son attention sur les blocs clignotants qu'elle devait arranger de la bonne manière.