[Among Us] Peur bleue
Jul. 12th, 2023 04:52 pmTitre: Peur bleue
Fandom: Among Us
Pairing: Bleu & Vert
Rating: T
Résumé: Depuis son plus jeune âge, Vert n'avait qu'un seul rêve : aller dans l'espace.
Notes: Écrit pour le challenge journalier de
lepetitsalondecriture. Le thème était avoir peur d'un ami. J'avais pas prévu de reprendre l'écriture en français avec Among Us mais bon. C'était marrant à écrire. Vert utilise des pronoms et accords neutres mais j'ai gardé le nom Vert quand même parce que je préférais.
Lien AO3: Ici.
Depuis son plus jeune âge, Vert n'avait qu'un seul rêve : aller dans l'espace. Les expéditions étaient devenues de plus en plus fréquentes ces dernières années. La conquête spatiale battait son plein, grâce au dur labeur de tous les équipages qui s'élançaient vers l'inconnu.
Iel lui avait fallu travailler dur pour atteindre son objectif. L'ingénierie, surtout spatiale, n'était pas un secteur aisé, même pour quelqu'un d'aussi motivé. Malgré tout, à force de détermination, iel avait fini par non seulement terminer son parcours avec brio, mais également obtenir un travail au sein de la prochaine navette prête à décoller.
Ce jour-là, tout n'avait été que joie et excitation. Vert n'était pas du genre sentimental, et pourtant iel avait versé plus d'une larme en regardant sa planète devenir de plus en plus petite à mesure que le vaisseau prenait de l'altitude.
Tout ça semblait bien lointain maintenant.
Le cauchemar avait commencé un jour plus tôt, quand Noire avait retrouvé Violet au détour d'un couloir. Mort.
Mort ! Éviscéré, même. Noire avait tenté de les préserver des détails les plus sordides, mais dès que leur réunion d'urgence s'était terminée, Bleu s'était éclipsé pour aller constater l'étendue des dégâts. Il avait expliqué à Vert ensuite qu'il ne faisait plus confiance à personne.
— Noire aurait très bien pu lui faire la peau pour après faire semblant de rien, avait-il dit, son regard assombri derrière la visière de son casque. Quand je suis arrivé vers le bureau d'administration, le cadavre n'était même plus là. Il restait juste un peu de sang. Tu te rends compte ?
À vrai dire, Vert ne se rendait pas compte. Iel n'avait pas envie de se rendre compte. Iel voulait que tout ça s'arrête, qu'iel se réveille enfin pour constater que ce n'était qu'un mauvais rêve, probablement causé par leurs rations insipides qui lui restaient sans cesse à travers l'estomac.
Au lieu de ça, iel se retrouvait à ne plus savoir qui croire. Noire était une excellente capitaine : elle accomplissait ses tâches mieux que personne. Quand le vaisseau avait commencé à avoir quelques dysfonctionnements, c'était elle qui se rendait sur place le plus souvent et elle réglait le problème avec une rapidité plus qu'admirable. Pourtant, même ça, Bleu avait confié à Vert que cela lui paraissait plus suspect qu'autre chose.
— Pourquoi le vaisseau débloque autant, d'un coup ? Moi, je trouve ça louche. Ils ont dû faire tout un tas de tests avant qu'on parte, et, comme par hasard, maintenant qu'on est paumés dans l'espace, y'a plus rien qui marche...
C'était un peu exagéré, dit comme ça, mais Vert devait bien admettre qu'il n'avait pas non plus tout à fait tort. Quoi qu'en disaient Noire ou Jaune, qui insistaient qu'il ne fallait pas paniquer plus que nécessaire, quelque chose se tramait, et ce quelque chose ne promettait rien de bon.
Voilà pourquoi iel avait rendez-vous avec Bleu au local électrique. C'était un coin tranquille où personne ne risquait de les déranger. Les rares membres de l'équipage qui s'y rendaient n'y allaient que pour vérifier que tout fonctionnait bien et étant donné que tout fonctionnait mal en ce moment, y aller semblait plus être une perte de temps qu'autre chose.
En tout cas, c'était l'argument que Bleu avait utilisé. Vert n'était pas entièrement convaincu·e, mais son anxiété grandissante compliquait quelque peu la réflexion. Par conséquent, iel ne voyait pas vraiment d'autre choix que de suivre ses directives.
Quand iel arriva enfin à l'entrée du local, le couloir était plongé dans un silence si pesant qu'iel ne put s'empêcher d'hésiter. Chacun de ses pas sur le sol renforcé claquait comme un coup de tonnerre. Iel prit quelques secondes pour s'armer de courage et s'avança jusqu'aux portes automatiques.
Le bruit qu'elles firent en s'ouvrant résonna à travers sa poitrine. Iel avait chaud, son uniforme soudain trop lourd et trop serré, et en même temps des frissons ne cessaient de glisser le long de sa colonne. Vert prit une profonde inspiration et tenta de se ressaisir. Tout allait bien. Quoi qu'en pense ou dise Bleu, Noire avait la situation sous contrôle. Dans le pire des cas, le vaisseau pouvait toujours retourner à son point de départ en urgence.
Malgré tout, iel ne put s'empêcher de sursauter en entendant des bruits de pas tout près de lui. Bleu lui jeta un regard navré – ou tout du moins, c'est ce qu'il lui semblait, car son visage était à peine visible à travers son casque.
— Te voilà enfin, dit Bleu. Tu es seul·e ?
Sa voix, déjà naturellement basse, paraissait encore plus rauque que d'habitude. L'estomac de Vert se tordit si étroitement qu'iel sentit la nausée monter presque trop vite pour la ravaler. Iel se racla la gorge.
— O–oui, enfin, je crois...
D'ordinaire, le local électrique était très éclairé ; Violet se plaignait même souvent qu'il était trop éclairé. Penser à Violet ne fit qu'ajouter au trouble de Vert, qui se retrouva cloué sur place, tétanisé, son corps tout entier parcouru de spasmes. Dans la pénombre inhabituelle, la silhouette de Bleu se détachait à peine. Il ne bougeait pas.
— Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Bleu, comme iel ne disait ni ne faisait rien.
Des larmes qu'iel était incapable de retenir montèrent aux yeux de Vert. Iel n'était pas du genre sentimental, mais le sentimentalisme n'avait rien à voir là-dedans. La sensation qui parcourait son corps et embrumait son cerveau, c'était de la terreur pure, ni plus ni moins.
La personne – la chose – qui avait tué Violet était toujours sur le vaisseau. Elle était probablement sur le vaisseau depuis le début. Noire avait émis la théorie que c'était peut-être une créature qui s'était introduite avant le décollage et dissimulée dans le cargo, là où personne n'allait, mais...
Bleu fit un pas dans sa direction. Il leva les bras comme s'il cherchait à apaiser un gros animal en détresse.
— Hé, ça va aller, d'accord ? Moi aussi, ça me fout les jetons, toute cette histoire, mais on est ensemble, toi et moi. On va s'en sortir.
Toujours sans bouger plus que nécessaire, Vert cligna des yeux pour éclaircir sa vue des larmes qui la brouillaient.
Iel aimait bien Bleu. C'était le membre de l'équipage qui l'avait accueilli en premier, après Noire. Grâce à lui, Vert avait réussi à surmonter sa tendance à l'isolation pour se mêler aux autres. Combien de fois Bleu l'avait-iel laissé gagner aux cartes quand ils se relaxaient dans la salle de repos ? Combien de repas sans goût avaient-ils partagés à la cafétéria ?
Bleu fit un autre pas vers lui.
S'iel ne pouvait pas faire confiance à Bleu, qu'est-ce que Vert allait bien pouvoir faire ? Iel n'avait pas de réponse à cette question.
Lentement, Vert parvint enfin à hocher la tête.
— Pardon, dit-il, son petit filet de voix à peine audible à travers son casque. Je– J'ai peur.
La main gantée de Bleu attrapa son épaule pour la serrer doucement. De si près, Vert arrivait mieux à distinguer les traits de son visage, l'éclat de ses yeux. Iel ouvrit la bouche pour ajouter quelque chose, réitérer ses excuses, remercier Bleu pour son aide et son soutien...
...quand les lumières s'éteignirent brusquement, plongeant le local tout entier dans le noir complet. Derrière son dos, Vert entendit distinctement le bruit des portes qui se refermaient.
— Ça va aller, répéta Bleu. Sa main semblait plus lourde, soudain, plus ferme. Tu sais que tu peux me faire confiance, pas vrai ?
Les oreilles de Vert bourdonnaient, la tête lui tournait. Iel n'arrivait même plus à sentir ses doigts. La seule chose qu'il lui restait, comme une ancre jetée à la mer, c'était la main de Bleu, agrippée à son épaule.
— Bien sûr, murmura-t-iel.
Fandom: Among Us
Pairing: Bleu & Vert
Rating: T
Résumé: Depuis son plus jeune âge, Vert n'avait qu'un seul rêve : aller dans l'espace.
Notes: Écrit pour le challenge journalier de
Lien AO3: Ici.
Depuis son plus jeune âge, Vert n'avait qu'un seul rêve : aller dans l'espace. Les expéditions étaient devenues de plus en plus fréquentes ces dernières années. La conquête spatiale battait son plein, grâce au dur labeur de tous les équipages qui s'élançaient vers l'inconnu.
Iel lui avait fallu travailler dur pour atteindre son objectif. L'ingénierie, surtout spatiale, n'était pas un secteur aisé, même pour quelqu'un d'aussi motivé. Malgré tout, à force de détermination, iel avait fini par non seulement terminer son parcours avec brio, mais également obtenir un travail au sein de la prochaine navette prête à décoller.
Ce jour-là, tout n'avait été que joie et excitation. Vert n'était pas du genre sentimental, et pourtant iel avait versé plus d'une larme en regardant sa planète devenir de plus en plus petite à mesure que le vaisseau prenait de l'altitude.
Tout ça semblait bien lointain maintenant.
Le cauchemar avait commencé un jour plus tôt, quand Noire avait retrouvé Violet au détour d'un couloir. Mort.
Mort ! Éviscéré, même. Noire avait tenté de les préserver des détails les plus sordides, mais dès que leur réunion d'urgence s'était terminée, Bleu s'était éclipsé pour aller constater l'étendue des dégâts. Il avait expliqué à Vert ensuite qu'il ne faisait plus confiance à personne.
— Noire aurait très bien pu lui faire la peau pour après faire semblant de rien, avait-il dit, son regard assombri derrière la visière de son casque. Quand je suis arrivé vers le bureau d'administration, le cadavre n'était même plus là. Il restait juste un peu de sang. Tu te rends compte ?
À vrai dire, Vert ne se rendait pas compte. Iel n'avait pas envie de se rendre compte. Iel voulait que tout ça s'arrête, qu'iel se réveille enfin pour constater que ce n'était qu'un mauvais rêve, probablement causé par leurs rations insipides qui lui restaient sans cesse à travers l'estomac.
Au lieu de ça, iel se retrouvait à ne plus savoir qui croire. Noire était une excellente capitaine : elle accomplissait ses tâches mieux que personne. Quand le vaisseau avait commencé à avoir quelques dysfonctionnements, c'était elle qui se rendait sur place le plus souvent et elle réglait le problème avec une rapidité plus qu'admirable. Pourtant, même ça, Bleu avait confié à Vert que cela lui paraissait plus suspect qu'autre chose.
— Pourquoi le vaisseau débloque autant, d'un coup ? Moi, je trouve ça louche. Ils ont dû faire tout un tas de tests avant qu'on parte, et, comme par hasard, maintenant qu'on est paumés dans l'espace, y'a plus rien qui marche...
C'était un peu exagéré, dit comme ça, mais Vert devait bien admettre qu'il n'avait pas non plus tout à fait tort. Quoi qu'en disaient Noire ou Jaune, qui insistaient qu'il ne fallait pas paniquer plus que nécessaire, quelque chose se tramait, et ce quelque chose ne promettait rien de bon.
Voilà pourquoi iel avait rendez-vous avec Bleu au local électrique. C'était un coin tranquille où personne ne risquait de les déranger. Les rares membres de l'équipage qui s'y rendaient n'y allaient que pour vérifier que tout fonctionnait bien et étant donné que tout fonctionnait mal en ce moment, y aller semblait plus être une perte de temps qu'autre chose.
En tout cas, c'était l'argument que Bleu avait utilisé. Vert n'était pas entièrement convaincu·e, mais son anxiété grandissante compliquait quelque peu la réflexion. Par conséquent, iel ne voyait pas vraiment d'autre choix que de suivre ses directives.
Quand iel arriva enfin à l'entrée du local, le couloir était plongé dans un silence si pesant qu'iel ne put s'empêcher d'hésiter. Chacun de ses pas sur le sol renforcé claquait comme un coup de tonnerre. Iel prit quelques secondes pour s'armer de courage et s'avança jusqu'aux portes automatiques.
Le bruit qu'elles firent en s'ouvrant résonna à travers sa poitrine. Iel avait chaud, son uniforme soudain trop lourd et trop serré, et en même temps des frissons ne cessaient de glisser le long de sa colonne. Vert prit une profonde inspiration et tenta de se ressaisir. Tout allait bien. Quoi qu'en pense ou dise Bleu, Noire avait la situation sous contrôle. Dans le pire des cas, le vaisseau pouvait toujours retourner à son point de départ en urgence.
Malgré tout, iel ne put s'empêcher de sursauter en entendant des bruits de pas tout près de lui. Bleu lui jeta un regard navré – ou tout du moins, c'est ce qu'il lui semblait, car son visage était à peine visible à travers son casque.
— Te voilà enfin, dit Bleu. Tu es seul·e ?
Sa voix, déjà naturellement basse, paraissait encore plus rauque que d'habitude. L'estomac de Vert se tordit si étroitement qu'iel sentit la nausée monter presque trop vite pour la ravaler. Iel se racla la gorge.
— O–oui, enfin, je crois...
D'ordinaire, le local électrique était très éclairé ; Violet se plaignait même souvent qu'il était trop éclairé. Penser à Violet ne fit qu'ajouter au trouble de Vert, qui se retrouva cloué sur place, tétanisé, son corps tout entier parcouru de spasmes. Dans la pénombre inhabituelle, la silhouette de Bleu se détachait à peine. Il ne bougeait pas.
— Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Bleu, comme iel ne disait ni ne faisait rien.
Des larmes qu'iel était incapable de retenir montèrent aux yeux de Vert. Iel n'était pas du genre sentimental, mais le sentimentalisme n'avait rien à voir là-dedans. La sensation qui parcourait son corps et embrumait son cerveau, c'était de la terreur pure, ni plus ni moins.
La personne – la chose – qui avait tué Violet était toujours sur le vaisseau. Elle était probablement sur le vaisseau depuis le début. Noire avait émis la théorie que c'était peut-être une créature qui s'était introduite avant le décollage et dissimulée dans le cargo, là où personne n'allait, mais...
Bleu fit un pas dans sa direction. Il leva les bras comme s'il cherchait à apaiser un gros animal en détresse.
— Hé, ça va aller, d'accord ? Moi aussi, ça me fout les jetons, toute cette histoire, mais on est ensemble, toi et moi. On va s'en sortir.
Toujours sans bouger plus que nécessaire, Vert cligna des yeux pour éclaircir sa vue des larmes qui la brouillaient.
Iel aimait bien Bleu. C'était le membre de l'équipage qui l'avait accueilli en premier, après Noire. Grâce à lui, Vert avait réussi à surmonter sa tendance à l'isolation pour se mêler aux autres. Combien de fois Bleu l'avait-iel laissé gagner aux cartes quand ils se relaxaient dans la salle de repos ? Combien de repas sans goût avaient-ils partagés à la cafétéria ?
Bleu fit un autre pas vers lui.
S'iel ne pouvait pas faire confiance à Bleu, qu'est-ce que Vert allait bien pouvoir faire ? Iel n'avait pas de réponse à cette question.
Lentement, Vert parvint enfin à hocher la tête.
— Pardon, dit-il, son petit filet de voix à peine audible à travers son casque. Je– J'ai peur.
La main gantée de Bleu attrapa son épaule pour la serrer doucement. De si près, Vert arrivait mieux à distinguer les traits de son visage, l'éclat de ses yeux. Iel ouvrit la bouche pour ajouter quelque chose, réitérer ses excuses, remercier Bleu pour son aide et son soutien...
...quand les lumières s'éteignirent brusquement, plongeant le local tout entier dans le noir complet. Derrière son dos, Vert entendit distinctement le bruit des portes qui se refermaient.
— Ça va aller, répéta Bleu. Sa main semblait plus lourde, soudain, plus ferme. Tu sais que tu peux me faire confiance, pas vrai ?
Les oreilles de Vert bourdonnaient, la tête lui tournait. Iel n'arrivait même plus à sentir ses doigts. La seule chose qu'il lui restait, comme une ancre jetée à la mer, c'était la main de Bleu, agrippée à son épaule.
— Bien sûr, murmura-t-iel.