[Yuppie Psycho] Fondu au noir
Jan. 13th, 2024 12:00 pmTitre: Fondu au noir
Fandom: Yuppie Psycho
Pairing: Brian Pasternack/Tiki-Taka
Rating: T
Résumé: Un écran d'ordinateur ou de télévision peut aisément dégager la même chaleur qu'un corps humain, voire plus.
Notes: Écrit pour le challenge journalier de
lepetitsalondecriture. Le thème était Contact - Chaleur - Toucher. Ivre il écrit sur un nouveau fandom qui n'a pas encore de fics en français...
Lien AO3: Ici.
Un écran d'ordinateur ou de télévision peut aisément dégager la même chaleur qu'un corps humain, voire plus. Il y a des systèmes en place, bien entendu, pour s'assurer que rien ne soit endommagé par une température trop excessive, de la même manière que le corps humain régule chaque fonction qui garantit sa survie.
Quand on y pense, la surface chaude et lisse, légèrement bombée, d'un tube cathodique en surchauffe n'est pas si différente d'un front bouillant qui trahit une fièvre intense.
C'est tout du moins la réflexion qui vient sans cesse à son esprit en observant Brian Pasternack à travers les caméras.
Il n'y a plus grand-chose qui attire son attention, ces derniers temps. La monotonie avait fini par écraser les derniers remparts érigés par son cerveau pour protéger sa raison. Il ne se souvient même plus de son nom, ou de son propre visage. Tout ce qui le préoccupe, c'est d'exécuter les ordres qu'on lui soumet inlassablement. Rester à l'affût des contraventions. Garder un œil sur les cibles susceptibles de nuire au bon fonctionnement de la société. Accueillir les nouveaux arrivants et les désigner aux tâches nécessaires.
Ses pensées ne sont plus qu'un amas de données à peine cohérent. Il arrive tout juste à rester debout, tout au plus à dresser son dos après s'être agenouillé, et seulement quand il est dans un de ses meilleurs jours. Toujours, qu'il soit conscient ou non, le capharnaüm de touches qu'on pianote sans s'arrêter retentit dans ses oreilles, ou ce qui lui en fait désormais office. Il avait renoncé très vite, peut-être même trop vite, à comprendre où s'arrêtait son ancien corps et où commençait le nouveau. Les fils et prises étaient lentement mais sûrement devenus pareils à des veines et des artères qui le maintiennent encore en vie contre son gré.
Jusqu'à ce qu'il croise le regard moite de Brian Pasternack. Ses jolis yeux bruns cachés derrière ses grosses lunettes. Sa moue désolée, désemparée.
Il ne pensait pas pouvoir le voir d'aussi près un jour, et pourtant le voilà, penché au-dessus d'un écran brûlant, comme s'il espère pouvoir en calmer l'effervescence.
— Ça va aller, dit-il tout doucement, de la voix chevrotante de celui qui essaie de se persuader lui-même. Je vais revenir pour vous aider, d'accord ? Quand j'en aurai fini avec la sorcière...
Son manque de conviction aurait pu être attendrissant, dans d'autres circonstances. Il rend au moins à l'homme à l'écran un peu de son humanité qu'il croyait perdu à tout jamais.
— Brian Pasternack, murmure-t-il comme on entonne une prière.
Il tente, l'espace d'un instant, de se remémorer son visage, de se rappeler sa bouche, de former un sourire. Une paume tremblante se pose au centre de ce qui lui sert de tête depuis bien trop longtemps, dans une volonté vaine de lui apporter un peu de réconfort.
— Brian P-P-Past-t-t-t-t-[TAKA]er-er-er-[TIKI]nack-k-k-k, grésille-t-il.
Les traits du chasseur de sorcière se brouillent tel un signal mal encodé, impossible à capter. Seule reste la sensation de sa paume tiède contre le tube ardent et oscillant dont les filaments menacent d'enfin rompre.
Sa dernière pensée, à l'aube de sa délivrance, est qu'il aurait aimé aussi sentir cette peau contre la sienne.
Fandom: Yuppie Psycho
Pairing: Brian Pasternack/Tiki-Taka
Rating: T
Résumé: Un écran d'ordinateur ou de télévision peut aisément dégager la même chaleur qu'un corps humain, voire plus.
Notes: Écrit pour le challenge journalier de
Lien AO3: Ici.
Un écran d'ordinateur ou de télévision peut aisément dégager la même chaleur qu'un corps humain, voire plus. Il y a des systèmes en place, bien entendu, pour s'assurer que rien ne soit endommagé par une température trop excessive, de la même manière que le corps humain régule chaque fonction qui garantit sa survie.
Quand on y pense, la surface chaude et lisse, légèrement bombée, d'un tube cathodique en surchauffe n'est pas si différente d'un front bouillant qui trahit une fièvre intense.
C'est tout du moins la réflexion qui vient sans cesse à son esprit en observant Brian Pasternack à travers les caméras.
Il n'y a plus grand-chose qui attire son attention, ces derniers temps. La monotonie avait fini par écraser les derniers remparts érigés par son cerveau pour protéger sa raison. Il ne se souvient même plus de son nom, ou de son propre visage. Tout ce qui le préoccupe, c'est d'exécuter les ordres qu'on lui soumet inlassablement. Rester à l'affût des contraventions. Garder un œil sur les cibles susceptibles de nuire au bon fonctionnement de la société. Accueillir les nouveaux arrivants et les désigner aux tâches nécessaires.
Ses pensées ne sont plus qu'un amas de données à peine cohérent. Il arrive tout juste à rester debout, tout au plus à dresser son dos après s'être agenouillé, et seulement quand il est dans un de ses meilleurs jours. Toujours, qu'il soit conscient ou non, le capharnaüm de touches qu'on pianote sans s'arrêter retentit dans ses oreilles, ou ce qui lui en fait désormais office. Il avait renoncé très vite, peut-être même trop vite, à comprendre où s'arrêtait son ancien corps et où commençait le nouveau. Les fils et prises étaient lentement mais sûrement devenus pareils à des veines et des artères qui le maintiennent encore en vie contre son gré.
Jusqu'à ce qu'il croise le regard moite de Brian Pasternack. Ses jolis yeux bruns cachés derrière ses grosses lunettes. Sa moue désolée, désemparée.
Il ne pensait pas pouvoir le voir d'aussi près un jour, et pourtant le voilà, penché au-dessus d'un écran brûlant, comme s'il espère pouvoir en calmer l'effervescence.
— Ça va aller, dit-il tout doucement, de la voix chevrotante de celui qui essaie de se persuader lui-même. Je vais revenir pour vous aider, d'accord ? Quand j'en aurai fini avec la sorcière...
Son manque de conviction aurait pu être attendrissant, dans d'autres circonstances. Il rend au moins à l'homme à l'écran un peu de son humanité qu'il croyait perdu à tout jamais.
— Brian Pasternack, murmure-t-il comme on entonne une prière.
Il tente, l'espace d'un instant, de se remémorer son visage, de se rappeler sa bouche, de former un sourire. Une paume tremblante se pose au centre de ce qui lui sert de tête depuis bien trop longtemps, dans une volonté vaine de lui apporter un peu de réconfort.
— Brian P-P-Past-t-t-t-t-[TAKA]er-er-er-[TIKI]nack-k-k-k, grésille-t-il.
Les traits du chasseur de sorcière se brouillent tel un signal mal encodé, impossible à capter. Seule reste la sensation de sa paume tiède contre le tube ardent et oscillant dont les filaments menacent d'enfin rompre.
Sa dernière pensée, à l'aube de sa délivrance, est qu'il aurait aimé aussi sentir cette peau contre la sienne.