javert: lysandre takes a bow (pkmn lysandre bow)
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Titre: Il me suffit de cette fleur
Fandom: Pokémon X&Y
Pairing: Professeur Augustine Platane/Lysandre
Rating: G
Résumé: Il n'y avait pas de moment plus propice à l'observation de ses contemporains que le tout début du printemps.
Notes: Pour le thème fleurs/déclaration. Le titre vient du poème La fleur qui fait le printemps de Théophile Gauthier.
Lien AO3: Ici.



Il n'y avait pas de moment plus propice à l'observation de ses contemporains que le tout début du printemps. Sortis de leur torpeur causée par le froid démoralisant de l'hiver, les gens – et les pokémons – semblaient renaître, soudain emplis d'une détermination nouvelle, à la manière de la végétation qui reprend lentement ses droits après avoir été terrassée par le gel. Lysandre, rarement avare de contemplation, qu'elle soit intellectuelle ou littérale, profitait de chaque moment de calme au café pour jeter un œil par la vitrine. Ici un enfant au pas guilleret, les bras occupés par la masse pelucheuse d'un voltoutou à moitié endormi ; là un couple main dans la main, entièrement tournés l'un vers l'autre, aveugles au reste de la ville.

Le spectacle du monde était toujours de ceux dont on peut difficilement se lasser.

Le professeur Platane ne faisait pas exception. Quand, après un début de semaine particulièrement chargé – le café n'avait cessé d'être bondé, au point que Lysandre avait dû se charger d'une partie du service lui-même, pour le plus grand plaisir de sa clientèle – Lysandre décida de s'accorder une pause sous la forme d'une visite surprise, il le trouva agenouillé dans le jardin du laboratoire, affublé d'une couronne de fleurs, en train de tenter d'amadouer un évoli à moitié dissimulé sous un buisson.

Il aurait pu, bien sûr, faire savoir sa présence d'un raclement de gorge ou même plus simplement d'un mot, comme « Professeur » voire « Augustine » ; son ami n'avait de cesse de l'inviter à l'adresser par son prénom. Au lieu de cela, il saisit l'occasion d'observer le professeur dans son habitat le plus naturel : à genoux sur l'herbe avec ses pokémons.

La première chose de remarquable – après la couronne de fleur – était qu'il avait apparemment réussi à s'étaler de la boue sur le front et une partie de la joue. La trace s'étirait de l'espace entre ses sourcils presque jusqu'à son oreille gauche. Il était impossible, en l'état, de savoir s'il l'avait remarqué ou non. La deuxième était la présence d'un autre évoli, celui-ci roulé en boule et en pleine sieste dans la poche droite de sa blouse. La troisième était que, fidèle à ses habitudes, le professeur ne semblait pas s'être rasé depuis au moins une bonne semaine.

Le regard de Lysandre s'apprêtait à glisser le long de la courbe de son cou, pour constater qu'il n'avait toujours pas décidé de porter des chemises moins plongeantes, quand l'évoli surgit soudain de sa cachette pour se précipiter à toute allure vers le bosquet avoisinant. Le professeur lâcha un profond soupir, ses sourcils épais tordus dans une expression de dépit un peu trop exagérée, et manqua de se faire un croche-pied à lui-même en essayant de se redresser.

— Lysandre ! s'exclama-t-il alors que l'intéressé lui agrippait fermement le bras pour l'empêcher de trébucher. Arceus, tu m'as fait peur.

— Mes excuses. Loin de là mon intention.

Pour une raison inconnue, la remarque fit rire le professeur, ses traits illuminés par une joie franche. Il tapota l'épaule de Lysandre comme s'il venait de raconter une excellente plaisanterie.

— Je n'en doute pas, dit-il avec un grand sourire. Tu aurais pu dire quelque chose, ceci dit.

— Je ne voulais pas risquer d'effrayer la faune.

— Non, mais c'est moi qui en ai fait les frais à la place !

À son expression ravie, cela n'avait pas l'air de le déranger plus que ça, aussi Lysandre s'abstint de réitérer ses excuses. Il relâcha également sa prise, après avoir déterminé que le professeur ne risquait plus de tomber.

— De toute manière, la faune était déterminée à mettre les voiles quoi qu'il arrive, ajouta Platane dans un soupir.

Lysandre balaya le jardin des yeux. Il était définitivement habité par une ferveur qui n'était pas sans rappeler celle des rues d'Illumis ou celle des heures les plus fréquentées de son café. Il caressa sa barbe sans vraiment y penser.

— C'est le printemps.

Le professeur rit de nouveau. Il frotta la première phalange de son index entre ses sourcils et sembla momentanément déconcerté par la boue qu'il y récolta.

— La faune et la flore sont en liesse, je suppose, dit-il en grattant la saleté qu'il restait sur son front avec un peu plus de vigueur. Ici ou ailleurs.

Quelque chose dans le ton de sa voix intrigua Lysandre. Il lui jeta un coup d'œil curieux.

— La flore, oui, articula-t-il lentement, son regard arrêté sur la couronne que le professeur portait toujours sur la tête.

— Oh, s'exclama le professeur, ça, oui. Une des stagiaires l'a tressé pour moi ce matin.

Il la retira avec précaution, soucieux de ne pas l'abîmer, pour pouvoir l'admirer plus aisément.

— Ce sont des bleuets.

Lysandre ne put empêcher les recoins de sa bouche de tressauter.

— Des bleuets, répéta-t-il.

— Oui, c'est charmant, non ?

Le professeur paraissait imperméable à l'amusement de son ami, ou, tout du moins, il n'avait pas l'air de l'avoir remarqué. Lysandre se pencha juste assez pour pouvoir mieux constater le soin apporté au tressage des fleurs.

— Des fleurs bleues pour un amour timide, murmura Lysandre.

Il prit soin de garder ses yeux fixés sur les pétales afin de ne pas avoir à relever l'expression vaguement embarrassée qui gagnait rapidement le visage du professeur.

— Ils fleurissent plus tard, d'ordinaire, continua-t-il nonchalamment. Peut-être un amour précoce, également.

À peine eut-il le temps de cligner des yeux en direction de Platane que la couronne avait repris sa place sur son crâne.

— Très drôle, fit Platane avec un léger haussement de sourcils.

Ses pommettes avaient pris un peu de couleur. Lysandre décida de s'abstenir de commentaire à ce sujet.

— Ce ne serait pas la première fois, j'imagine, dit-il à la place, les mots surgissant d'entre ses lèvres avant qu'il ait pu les en empêcher.

Le désarroi de son ami se teinta d'un soupçon d'intrigue.

— Ni la dernière ? demanda-t-il sur un ton presque conspirateur.

Lysandre le regarda sans comprendre. Le professeur lui décrocha un de ces sourires qui avaient le don d'arrêter net tous ses assistants, peu importe leur genre ou préférence habituelle.

— Je serais curieux de savoir quel genre de fleurs je pourrais recevoir de ta part.

La langue de Lysandre sembla soudain trop large pour sa bouche, lui qui d'ordinaire était capable de tant d'éloquence. Il se racla la gorge et se détourna pour observer un passerouge et un roucool qui se disputaient une brindille à quelques mètres de là.

— Des camélias, murmura-t-il, à moitié étouffé sous sa main gantée, le bout de ses doigts jouant toujours avec sa barbe.

Il entendit plus qu'il ne vit le professeur se rapprocher jusqu'à ce que leurs bras se frôlent.

— Ah, plutôt de celles qui arriveraient à point nommé, alors.

Son sourire entendu était on ne peut plus audible dans ses paroles. Lysandre plissa les yeux, à défaut de l'imiter.

— Quelque chose comme ça.

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